Carmelo Crea nous présente son parcours et sa philosophie

Carmelo Crea est le fondateur de Crea Immobillier . Il répond aux questions de la rédaction.

Comment êtes-vous arrivé à l’architecture d’intérieur ?

La passion pour la construction et les matières m’est venue dès mon plus jeune âge. Mon père était entrepreneur dans le bâtiment. J’ai commencé ma formation avec un CFC de menuisier et d’ébéniste.

Puis, j’ai perfectionné mes connaissances techniques à l’Ecole des Arts et Métiers de Genève, où j’ai reçu un le diplôme de technicien ET en bâtiment.

Tout au long de ce cheminement, j’ai été très attiré par les aspects plus conceptuels de mon métier. Ma propre créativité avait besoin de s’exprimer. C’est pourquoi, j’ai également étudié à l’Institut Spinelli à Florence. Cette école est spécialisée dans le design architectural, qu’elle lie à l’art conceptuel. J’en suis sorti avec un diplôme de Concepteur et Designer d’espaces intérieurs et extérieurs, « Progettistà di spazi » en italien ou « Space Planner » en anglais.

Mais il ne faut pas croire que je ne mets plus les mains à la pâte ! Au contraire, je valorise toujours le travail manuel et la présence sur le terrain. Cela me donne une forte emprise sur les impératifs techniques et un grand respect du travail des artisans et des ouvriers. Je comprends les enjeux techniques des chantiers, ce qui me permet dans la phase de création déjà, de réfléchir aux solutions pratiques et de mieux conseiller mes clients.

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?

La vue d’ensemble qui me permet de gérer un projet de A à Z. Chaque réalisation est une forme d’expression artistique en soi. C’est aussi satisfaisant au niveau humain grâce aux contacts avec les équipes et les clients.

La diversité des applications que nous pouvons réaliser, grâce aux nouvelles techniques et matériaux est aussi une source de motivation. Pour faire face aux défis écologiques et énergétiques, notre secteur est devenu très innovant. Suivre les nouveaux développements est absolument passionnant.

Quelles sont les trois expériences de vie qui vous ont les plus enrichi ?

Un séjour dans le désert en 1994. Ce fut de courte durée, mais d’une incroyable intensité ! J’ai passé deux semaines à travailler le marbre et les fossiles avec des artisans à Erfoud au Maroc. J’ai créé des lampes, des pendules et des sculptures à partir de ces matériaux merveilleux. J’ai nommé ces oeuvres « Intemporalisme », en référence au temps géologique… réellement intemporel et si difficile à saisir pour nous, les êtres humains.

Trois ans plus tard, j’ai construit une structure « éphémère » constituée de panneaux de copeaux de bois comprimé. Cette structure abritait sur 120 m2 un atelier d’expression artistique et un logement. Je la surnommais affectueusement « ma Pagode ». Je l’avais installée à Sécheron et j’y ai vécu pendant 5 ans. Dès le départ, je l’avais conçue dans le but de la démonter et de réutiliser au moins 80% de ses composants dans d’autres réalisations architecturales. C’était 1998, à cette époque la réutilisation des matériaux n’entrait pas forcément dans les choix de construction… depuis on a fondé Minergie…

Et puis, la plus belle création de ma vie, ma fille; De l’observer m’ouvre énormément les yeux sur des détails que nous, les adultes, oublions ou omettons. Elle est une grande source d’inspiration pour moi.

Quelle est votre devise ?

Que les forces de chacun contribuent au meilleur.